Discours rituels amazoniens

4 octobre 2011

La dernière livraison du Journal de la société des américanistes vient de paraître : il contient un dossier spécial dirigé par Pierre Déléage intitulé Discours rituels en Amazonie. Ce dossier a été en partie financé par le projet ANR et plusieurs de ses membres y ont participé.

Journal de la société des américanistes 97 (1), Discours rituels en Amazonie.

Pierre Déléage : Présentation. Les discours du rituel

Christopher Ball : As Spirits Speak. Interaction in Wauja Exoteric Ritual

Laurent Fontaine : Les cours d’eau dans les incantations chamaniques des Indiens yucuna (Amazonie colombienne)

Cédric Yvinec : Invention et interprétation. Chants de boisson et chants chamaniques chez les Suruí du Rondônia

Andréa-Luz Gutierrez Choquevilca : Sisyawaytii tarawaytii. Sifflements serpentins et autres voix d’esprits dans le chamanisme Quechua du haut Pastaza (Amazonie péruvienne)

Pedro de Niemeyer Cesarino : Entre la parole et l’image. Le système mythopoétique marubo

Lucas Bessire : Ujnarone Chosite. Ritual Poesis, Curing Chants and Becoming Ayoreo in the Gran Chaco

Emmanuel de Vienne : Pourquoi chanter les ragots du passé ? Itinéraire historique d’un chant rituel trumai (Mato Grosso, Brésil)

Réunion de coordination / Atelier mensuel

16 juin 2011

Une réunion de coordination des membres de l’ANR s’est tenue le 16 juin 2011 au musée du quai Branly. Le programme suivant de l’atelier mensuel de l’équipe a été fixé selon le calendrier suivant (le mercredi de 14h à 17h00, salle de cours 2, musée du quai Branly):

23 novembre 2011:  Carlo Severi

4 janvier 2012 : Julien Bonhomme

18 janvier: Bérénice Gaillemin

8 février : Andrea-Luz Gutierrez

21 mars : François Berthomé

4 avril : Arnaud Halloy (à confirmer)

9 mai: Tommaso Montagnani

Juin : Discussion collective

En plus des séances d’équipe, viendront s’ajouter d’autres séances avec des invités étrangers :

2 mai : Anna Maria Busse Berger

30 mai, 6 juin, 13 juin: William Hanks

Gradhiva: Pièges à voir, pièges à penser

16 mai 2011

Nous sommes heureux d’annoncer la parution du numéro 13 de Gradhiva. Revue d’anthropologie et d’histoire des Arts, publiée par le musée du quai Branly, dont le dossier spécial, dirigé par Carlo Severi, est intitulé “Pièges à voir, pièges à penser. Présences cachées dans l’image“. Ce dossier spécial est le fruit des recherches menées dans le cadre du projet franco-brésilien CAPES-COFECUB et dans le projet ANR.


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GRADHIVA n° 13
Pièges à voir, pièges à penser.
Présences cachées dans l’image
Sortie le 18 mai 2011

Ce dossier est consacré à une réflexion, entre anthropologues et historiens de l’art, sur le rôle de l’ambigüité dans la représentation visuelle. Potentielle, double ou chimérique, l’image ambiguë a récemment suscité la réflexion, dans les deux disciplines, en termes nouveaux. Pour en rendre compte, nous avons réuni des recherches menées par des ethnologues et des réflexions autour de l’exposition Une image peut en cacher une autre, où le thème de l’ambigüité de l’image était appréhendé du point de vue de l’histoire de l’art. En dialogue avec des historiens de l’art, des ethnologues interrogent, à partir d’autres horizons, la notion de chimère. Selon les différentes cultures, entre invisible et donné à voir, cette notion peut se décliner d’une autre manière que dans la tradition occidentale, se radicaliser, ou se démultiplier sur d’autres registres que la seule vision. C’est cette complexité de l’image ambigüe, et l’espace de recherche que cette complexité ouvre en anthropologie et en histoire de l’art, dont ce dossier de Gradhiva vise à témoigner.

Dossier coordonné par Carlo Severi

Carlo Severi : Présentation

Carlo Severi : L’espace chimérique. Perception et projection dans les actes de regard

Carlos Fausto : Le masque de l’animiste. Chimères et poupées russes en Amérique indigène

Els Lagrou : Le graphisme sur les corps amérindiens. Des chimères abstraites ?

Bruna Franchetto et Tommaso Montagnani : Flûtes des hommes, chants des femmes. Images et relations sonores chez les Kuikuro du Haut-Xingu

Joffrey Becker : Récursions chimériques. De l’anthropomorphisme des robots autonomes à l’ambiguïté de l’image du corps humain

Jean-Hubert Martin, Carlo Severi et Julien Bonhomme : Jean-Hubert Martin et la pensée visuelle (entretien)

Dario Gamboni : Nubes cum figuris. L’interprétation des nuages comme paradigme moderne de la création et de la perception artistiques

Atelier Voix et performance

8 mai 2011

Atelier Voix et Performance, dirigé par Carlo Severi

L’Atelier Voix et Performance propose à des anthropologues et à des acteurs d’explorer ensemble, de manière expérimentale, le registre de la performance vocale, et notamment les formes de l’iconisme vocal et verbal. Dans ce cadre, trois acteurs italiens, Massimiliano Sbarsi, Luca Nucera, Paola De Crescenzo, réciteront des passages d’un chant chamanique des Kuna du Panama.

* musée du quai Branly
11 mai 2011, à 16h30
salle de cours 3

Conférences de Caroline Humphrey

16 mars 2011

Dans le cadre du séminaire “Anthropologie de la mémoire” de Carlo Severi, du projet ANR et du programme de chercheurs invités du musée du quai Branly.

Caroline Humphrey
Professeure au Département d’Anthropologie Sociale, Université de Cambridge (Angleterre)

présentera ses recherches sur  “Cosmologie et Sociétés contemporaines” :

mercredi 23 mars - 14h - salle de cours 2
La Fortune et Le Vent : une  subjectivité impersonnelle

vendredi 25 mars - 14h - salle de cinéma
Cosmologies, Concepts de Civilisation, et la Frontière de la Russie avec la Chine

mercredi 6 avril - 14h - salle de cours 2
avec Grégory Delaplace
Qu’y a-t-il de nouveau dans le Néo-Chamanisme?  Agencements et acteurs à Ulaanbaatar

*musée du quai Branly
218 rue de l’université
75007 Paris

L’image rituelle: agentivité et mémoire

20 janvier 2011

Dans le cadre du programme Capes-Cofecub, un colloque se tient au Collège de France les 27-28 Janvier 2011, auquel participent un grand nombre des membres français et brésiliens du projet ANR.


Colloque Capes-Cofecub

l’image rituelle: agentivité et mémoire

Coordination: Carlo Severi et Carlos Fausto

27-28 Janvier 2011

Collège de France

3, rue d’Ulm – Rez-de-chaussée

Qu’elle s’appuie sur l’ornement, la peinture corporelle, le masque ou le pictogramme, la mémoire des peuples « sans écriture » a toujours paru labile, désordonnée, vouée à l’échec. Les « supports mnémoniques » dont parlent les historiens de l’écriture à propos de ces traditions, sont régulièrement décrits comme des tentatives avortées de reproduire la forme extérieure d’un objet, ou comme des moyens graphiques simples d’exprimer des concepts élémentaires. Le travail des anthropologues, en Amérique, en Océanie, en Afrique montre que ces représentations, loin de s’appuyer sur une imitation des apparences, suivent la voie de la représentation chimérique. L’objet est là en tant qu’image à décrypter, témoin visible d’une série d’opérations mentales qui constituent la mémoire d’une tradition. Les arts non-occidentaux, apparaissent alors comme des traditions iconographiques peuplées d’images intenses et fragmentaires dont la forme mobilise un travail du regard qui en suscite les aspects latents. Un certain nombre de recherches permettent aujourd’hui d’approfondir et de généraliser cette nouvelle approche .

Le travail de ces dernières années a fait apparaître, parallèlement à l’analyse des iconographies, un autre phénomène, qui concerne la nature même du concept de mémoire. Au sein de nos sociétés la mémorisation est constamment associée à des textes. Elle peut donc apparaître comme une activité autonome, indépendante de l’énonciation des savoirs. Dans les sociétés sans écriture, au contraire, il est pratiquement impossible de trouver un art de la mémoire dissocié de l’énonciation d’un savoir spécifique. Dans ces sociétés, toute mémorisation est liée, de manière constitutive, à des pratiques d’énonciation spécifiques, très souvent ritualisées. C’est ainsi que le champ de l’anthropologie de la mémoire, d’analyse d’une technique individuelle, devient l’étude des voies de propagation des savoirs au sein d’une société. Ce domaine de recherche implique donc aussi bien l’analyse d’iconographies orientées par l’exercice de la mémorisation que l’étude des conditions pragmatiques d’exercice d’une parole ritualisée. Dans ce champ, l’action rituelle, l’image mnémonique et la pragmatique de l’énonciation se trouvent strictement associés.

Cette focalisation sur les contextes d’usage et des performances conduit à considérer les images, ou les artefacts, non pas uniquement comme des systèmes de signes, mais aussi et surtout comme des systèmes d’actions et de relations. Les objets n’apparaissent plus comme de simples supports d’un symbolisme, mais constituent de véritables moyens d’agir sur autrui, des dispositifs complexes de médiations investis de sens, de valeurs, d’intentionnalités spécifiques.

Dans ce contexte, ce n’est pas seulement l’interprétation de l’objet en tant que personne, qu’il s’agit d’explorer. Au sein de l’action rituelle, l’artefact n’apparaît plus comme la simple « incarnation » d’un être individuel, mais devient l’image complexe d’un ensemble de relations. Pour comprendre les modalités de la transformation en personnes des images rituelles, en tant que témoins de mémoire, il faut donc explorer le champ des subjectivités possibles des objets.


27 Janvier – Jeudi

1ere séance: 9:00 – 13:30

Carlo Severi (EHESS/LAS): Patrocles: Jeu et rituel en Grèce Ancienne

Carlos Fausto & Isabel Penoni (MN/UFRJ): La représentation de l’humain en Amazonie : Les effigies rituelles dans L’Haut Xingu (Brésil)

François Berthomé (EHESS): Corps-à-corps avec les morts. La transe comme modalité d’interaction dans la cérémonie garifuna du dügü (Bélize)

Aparecida Vilaça (MN/UFRJ): Le contexte relationnel du cannibalisme funéraire wari’

Conduite des débats: Anne-Christine Taylor (CNRS/MQB)

2eme séance: 14:30 – 17:30

Marco Antonio Gonçalves (IFCS-UFRJ): Images et Paroles dans le cordel du Nordeste brésilien

Pedro Cesarino (Unifesp): Image, parole et mémoire dans le chamanisme marubo (Amazonie brésilienne)

Pierre Déléage (CNRS): Écritures prophétiques vs. écritures chamaniques (Amérique du Nord)

Conduite des débats: Carlo Fausto (UFRJ/MN)

28 Janvier – Vendredi

3eme séance: 9:00 – 13:00

Julien Bonhomme (MQB): La voix des esprits ou comment faire parler un arc musical

Bruna Franchetto (MN/UFRJ) & Tommaso Montagnani (EHESS): Images et relations sonores chez les Kuikuro du Haut Xingu: flûtes des hommes, chants des femmes

Acacio Piedade (UDESC) Le chant des flûtes: la musique des esprits chez les wauja du Haut Xingu (Brésil)

Conduite des débats: Philippe Descola (EHESS/LAS)

4eme séance: 14:00 – 17:00

Els Lagrou (IFCS-UFRJ): Chimères abstraites: figuration et abstraction en Amazonie Occidentale

Charles Stépanoff (EPHE) : Corps chamanique et espace virtuel: le ‘voyage’ reconsidéré

Discussion finale

Conduite des débats: Carlo Severi (EHESS/LAS)

Ritual Speech and Subjectivity

22 septembre 2010

nahual-2Workshop, University of Austin, October 2010, 14th-16th.

RITUAL SPEECH AND
SUBJECTIVITY
(click here for program)

In this workshop, we will take a comparative approach to discuss a wide range of phenomena centered on ritual speech. Presentations will describe works in progress coming from diverse theoretical backgrounds but with a common focus on the context of ritual. Materials for discussion will be drawn from geographically diverse locations ranging from Siberia to Africa to Central and South America.

The study of ritual speech poses a range of problems that demands a multifaceted approach in which language and the context of its production must be considered at the same level. Departing from the crossroads of Anthropology and Linguistics, this workshop aims to explore the complexity of ritual speech and the ways in which its content, form and effects can be analyzed.

‘Ritual’ has been defined at different levels, from Goffman’s everyday practice to the collective rituals celebrated by every culture in the world. These diverse social phenomena have in common a certain formalization of actions. In this sense, when we approach speech facts, it may be necessary to talk about ritual as a process −that is as ritualization− and find the answer to some of the following questions: What does ritualization do to speech that makes it distinctive? Is it really different from ordinary speech? Is it a particular register or is it different because of the process of ritualization in which it is involved?

From the vantage point of action, ritual speech is not just a matter of communication. It is of course related to the transmission of knowledge, but it is also fundamentally linked to the way(s) in which that knowledge is distributed socially and to the relational context of its performance. By considering all these other components of ritual speech, we want to include in the analysis the subjects and the objects that are part of the performative situation: the ritual specialists and their audience, the material elements used by them and the space they occupy.

Many questions emerge from here: What kinds of ritual speech are the sole province of ritual specialists, and how do they differ from the mundane rituals of ordinary interaction? How do people learn ritual speech, use it, and transmit it? What other practices are performed within the speech act? What effects do they have? In what ways does ritual speech change through articulating with an ever-changing phenomenal present? How does the practice of a ritual speech event transform the experience of the participants?

As with any other discourse form, ritual speech implies the action of a speaker. However, in the case of ritual speech, the subject seems to define himself by a lack of intentionality, at least as we can find it in ordinary speech. Sometimes considered as anonym, ritual speech seems to achieve a supra-intentional status, standing over and above the subjectivity of the individual who performs it.

Other times, ritual speech is attributed to the intentionality of other agent(s) that relate in various ways to the speaker, but are different from him or her (e.g. particular animals, spirits or gods). In these cases, we may ask ourselves: How does the speaker define the new subject(s)? Does he use elements of the speech itself? Does he use external supports, like objects or images? Is it through his interaction with the actual audience of his speech that he presents external agent(s)?

The necessity of transmission is also an important characteristic of ritual speech and will be one of our concerns. The transmission of ritual speech is generally related to a great variety of objects, designs, places and gestures that are often present in the speech situation. We would like to explore the different uses and roles played by this materiality through which ritual speech is articulated. We also would like to explore the relationship between ritual and history and the ways in which the different historical contexts may transform ritual speech as well as the concept that people have about it. Even when we can all agree about the effectiveness of ritual speech, and its capacity to generate its own reality, we may have different perspectives on how this is done.

Another vantage point that will be taken in this workshop is linguistic. From its performance to the details of its form and content, ritual speech is often involved in the production of opacity of its content. That is why we want to analyze, in addition to the communicative aspect of ritual speech, its capacity to be poorly intelligible and, thus, intensely significant. If we consider ritual speech as being highly significant and poorly intelligible, then we may see its translation as a particular procedure involving more than just linguistic skills. What other aspects of ritual speech should be taken into account in such a process? Are ritual languages (registers or genres) definable in terms of linguistic mechanisms? Is ritual speech any more or less universal in its features than non-ritual speech?

Considering these elements, language becomes just one of multiple manifestations of ritual speech, in addition to melody, musical patterns, breath, and the production of extra-linguistic sounds. The study of these elements may also be supposed to take into account the use of objects, the interactions generated through it, and the settings where these elements are displayed. This particular conception of speech may have implications for the linguist’s analysis: will he learn things about the language from ritual that would be unclear or even unknowable otherwise?

Some of the foregoing questions point to the reflexive capacity of ritual speech. While saying things about the world, ritual speech is constantly making reference to itself. This production of metalanguage is often situated in stylization, but also in other aspects of ritual speech. We would like to explore the mechanisms by which the ritual speech becomes reflexive and the effects these processes yield in interactions among the participants of a particular ritual event. Can the ethnographer, by studying the words and grammatical structures used in ritual, learn things about ritual that otherwise would be impossible to discern?

In this workshop we encourage discussion of these and other aspects of ritual. Our hope is to open a theoretically and empirically-informed discussion of the social, cultural and linguistic bases of the ritualized word.

Image credits: Nahual by César Núñez

La Fabrique des images

30 mars 2010

fabrique_imagesL’équipe ANR “Art Rituel Mémoire” vous invite à un débat autour de l’exposition La Fabrique des images (musée du quai Branly)

avec la participation notamment de Tim Ingold, Carlo Severi, Denis Vidal, Claude Imbert, Jean-Claude Schmitt, Thierry Dufrêne, Yolande Escande, Jean-Marie Schaeffer, Giovanni Careri

et les commissaires de l’exposition, Philippe Descola et Anne-Christine Taylor

le 6 mai 2010, de 10h à 13h

à la Maison Suger (16-18, rue Suger. 75005 Paris).

Cognition et représentation chimérique

30 mars 2010

Dans le cadre du séminaire “Anthropologie de la mémoire” de Carlo Severi,

Baptiste Gilles présentera une communication intitulée:

Cognition et représentation chimérique. Une nouvelle perspective.

le mercredi 5 mai 2010 de 14h à 16h au musée du quai Branly (salle de cours 2).

Le perspectivisme en question

27 mars 2010

animationDans le cadre du séminaire “Anthropologie de la mémoire” de Carlo Severi,

Charles Stépanoff (EPHE) présentera une communication intitulée

Le perspectivisme en question

le mercredi 31 mars 2010 de 14h à 16h au musée du quai Branly (salle de cours 2).

On peut télécharger l’article “Devouring Perspectives: On Cannibal Shamans in Siberia” sur son site (cliquez ici).


Throughout Siberia, shamans are suspected of ‘devouring’ other humans. This article, based on ethnographic literature about Siberian peoples and on fieldwork conducted in Tuva, examines different theoretical interpretations of this conception. A ‘perspectivist’ approach explains that shamans become cannibal because they see humans as prey animals. The paradoxes of this interpretation lead to a critical discussion of the philosophical premises of the perspectivist theory. Another approach is then proposed: Siberian traditions demonstrate two distinct understandings of the kinds of body connected with different pragmatic contexts. Legendary narratives elaborate a definition of the body by its position in an interaction. The logic of practices is ruled by distinctly more essentialist schemas. The theme of shamans’ cannibalism contributes convincingly to broader hypotheses about the internal properties of the shamanic bodies which are necessary to their ritual practices.

Morphologic Tradition and German Anthropology

10 mars 2010

Paulina Alcocer & Johannes Neurath

Preuss’ philologic anthropology is situated between two radically different strands of humanist science: Seler’s Mexican Studies are based on positive archaeological and philological methods, limiting themselves to deciphering and the edition of primary sources. Usener’s comparative philology is defined as anthropology and its aim is the reconstruction of the whole spiritual and material life of a given people. During his lifetime Preuss was recognized as an ethnographer, but his contributions to theory have been rarely acknowledged. We want to point out that his originality is the transposition of German morphologic tradition to the study of ritual practice on an intermediate level between ethnographic particularism and then fashionable anthropological universalism.

Searching for an explanatory principle of religious conceptions, Preuss focussed on the comparative study of ritual expression and developed a set of theoretical tools –like and “magic mode of thinking”—which combine a genuine interest in native theories on the power of ritual enunciation and an appreciation of the transformative capacity of Amerindian deities. Many of his insights can be philosophically grounded in Humboldt’s Sprachdenken and in what is here called the Humboldtian tradition. At the same time we can discover their potential for contemporary debates in anthropology.

Preuss felt attracted to the field of Americanist studies because he perceived the possibility to trace back the ritual origins of drama. He documented rituals dealing with their own origin and featuring all kind of playful mimetic elements that coexist with complex cosmic symbolisms. It is in this field he had a brief encounter with Aby Warburg who published one of Preuss books in his series Vorträge aus der Bibliothek Warburg. The two scholars shared common influences (Usener) and many interests — above all, the conviction that the materiality of gesture and aesthetic expression is much more than an epiphenomenon or embellishment, but a necessity for the existence of culture. The Kreuzlingen lecture makes evident that Warburg actually was inspired by Preuss at developing his ideas on art.

PROGRAM AND READINGS

Paroles en actes

3 décembre 2009

couv_parolesenactesNous sommes heureux de vous annoncer la parution de Paroles en actes, volume 5 des Cahiers d’anthropologie sociale, dirigé par Carlo Severi et Julien Bonhomme (Paris, L’Herne, 192 pages). Cet ouvrage collectif inclut les contributions de plusieurs membres de l’équipe ANR “Art • Rituel • Mémoire”.

Sommaire

Carlo Severi et Julien Bonhomme
Introduction. Anthropologie et pragmatique

Carlo Severi
La parole prêtée. Comment parlent les images

Alan Rumsey
L’anthropologie a-t-elle besoin de sa propre pragmatique ?

Pierre Déléage
Les savoirs et leurs modes de transmission dans le chamanisme sharanahua

William F. Hanks
Comment établir un terrain d’entente dans un rituel

Julien Bonhomme
Alerte aux voleurs de sexe ! Anthropologie pragmatique d’une rumeur africaine

François Berthomé
Démêler, raccommoder. Analyse interactionnelle de quelques dispositifs de conciliation

Luc Boltanski
L’inquiétude sur ce qui est. Pratique, confirmation et critique comme modalités du traitement social de l’incertitude

An anthropology of uncanny encounters

11 novembre 2009

flammarionbuguet2En collaboration avec l’Université de Cambridge et le projet ANR “Anthropologie de l’art: création, rituel, mémoire”, se tiendra les mercredi 16, jeudi 17 et vendredi 18 décembre à Cambridge un colloque intitulé:

Figuring the invisible. An anthropology of uncanny encounters

et organisé par Grégory Delaplace, Carlo Severi et Julien Bonhomme.

Vous trouverez toutes les informations concernant ce colloque en cliquant sur ce lien. En voici néanmoins un avant-goût :

The aim of this conference is to foster anthropological research on stories of encounters with ghosts, spirits and other invisible things. Ethnographers have long collected narratives of people’s encounters with souls or spirits, sudden and often most unexpected interactions with an otherwise invisible dimension of the world. These narratives of how the invisible might furtively become visible typically describe partial or uncanny interactions, which take witnesses out of the frame of their everyday life, and give them a glimpse of an occult aspect of their ordinary environment.

Recently, anthropological research on people’s encounters with the invisible has tended to develop in three different directions: ghosts, on the one hand, have been studied as facts of perception. Cognitive anthropologists, in particular, have given a new impetus to this field of research by drawing attention to the mental processes underlying the representations about supernatural entities. By doing so, they have shown to what extent the manifestation of ghosts and spirits comply or violate the intuitive expectations of the mind, and how this kind of situation would activate cognitive mechanisms shaped through evolutionary adaptations. On the other hand, invisible entities have been analysed as materialisations of sailliant –and almost always traumatic– events carried by collective memory. Ghosts, in this perspective, draw their significance from the social and historical context in which they are reported to appear. A third group of scholars has suggested to focus on the production of ritual objects and other kinds of images (including mental representations described in narratives), which may account for this kind of experience.

The purpose of this conference is to bring together these three trends of research in a single approach, by studying how perception and imagination meet within a specific encounter with the invisible. In this conference, the common ground for discussion will be based on ethnography and, as much as possible, on the narratives and the images themselves. Ghost stories and anecdotes of people’s encounters with spirits are indeed too often relegated to the background of scientific accounts. The participants of this conference will be encouraged to focus on specific narrated encounters with the invisible, as well as on the processes of generating images that account for this kind of experience. Discussing examples drawn from several societies, contributions will thus shed new light on people’s relationship with supposedly invisible beings, like ghosts and spirits, by analyzing their manifestations in their cognitive, social and aesthetical contexts.

Les Voleurs de sexe

11 novembre 2009

voleurs_sexeDans le cadre du séminaire “Anthropologie de la mémoire” organisé par Carlo Severi,

Julien Bonhomme (musée du quai Branly) présentera son livre:

Les Voleurs de sexe. Anthropologie d’une rumeur africaine (Seuil, 2009)

le mercredi 9 décembre de 14h à 16h au musée du quai Branly (salle de cours 2).

Quatrième de couverture :

C’est en mars 2001 au Gabon que Julien Bonhomme entend pour la première fois parler des « voleurs de sexe ». Des individus sont accusés d’avoir fait disparaître les organes génitaux d’inconnus dans la rue, à l’occasion d’une banale poignée de mains. Les incidents se multiplient et plusieurs voleurs présumés sont lynchés. Il ne s’agit pas d’un cas isolé : les vols de sexe ont déjà touché à différentes reprises une vingtaine de pays d’Afrique subsaharienne depuis les années 1970.

Comment rendre compte d’un tel phénomène, inédit par son ampleur spatiale et temporelle, sans tomber dans le cliché d’une Afrique perçue sous l’angle de l’altérité exotique ? Critiquant la conception péjorative qui surdétermine le regard savant sur les rumeurs, l’auteur de ce livre n’envisage pas le vol de sexe en termes de pathologie ou de superstition, mais s’attache à mettre au jour les facteurs qui expliquent le succès culturel de cette rumeur singulière sur une si vaste échelle. Il articule vue d’ensemble et vue de détail afin de rendre compte tant de la diffusion internationale de la rumeur que des situations d’interaction au sein desquelles surviennent les accusations.

Plutôt qu’une anecdote prêtant à rire, le vol de sexe ne serait-il pas une affaire exemplaire permettant de comprendre l’Afrique urbaine contemporaine, les formes de sociabilité et les modes de communication qu’elle suppose ?

L’art et ses agents

4 juin 2009

gell1À l’occasion de la parution du livre d’Alfred Gell, L’art et ses agents. Une théorie anthropologique, traduction française d’Art & Agency. An anthropological theory (1998), aux Presses du réel, le département de la recherche du musée du quai Branly organise une présentation - débat en présence le Vendredi 12 juin 2009 à 18h au salon de lecture Jacques Kerchache du musée.

Il s’agira de discuter de l’actualité et des débats que le livre de Gell a contribué à soulever en anthropologie et en histoire de l’art. La discussion sera lancée par une brève introduction croisée d’un anthropologue (Olivier Allard, University of Cambridge) et d’un historien d’art (Philippe-Alain Michaud, Centre Pompidou). Seront également présents (liste non exhaustive) Maurice Bloch, Philippe Descola, Carlo Severi, Thierry Dufrêne, Ludovic Coupaye, Denis Vidal, Brigitte Derlon, Monique Jeudy-Ballini…

Quatrième de couverture :

L’art et ses agents, ouvrage posthume paru en 1998 sous le titre Art and agency, est sans doute l’une des anthropologies de l’art les plus singulières et les plus fécondes. Plutôt que de penser l’œuvre d’art en terme de beauté, Alfred Gell propose de la situer à l’intérieur d’un réseau de relations entre agents et patients qui manifestent une certaine agentivité (agency) par l’intermédiaire de l’œuvre. Cette théorie a une vocation universelle : il s’agit moins de relativiser le système occidental de l’esthétique que de se rendre sensible aux mécanismes de l’intentionnalité, des ignames décorés de Nouvelle-Guinée aux ready-made de Duchamp.

Pour universelle qu’elle soit, cette théorie demeure bien anthropologique : envisager l’œuvre d’art implique que l’on s’intéresse aux contextes de sa production et de sa circulation. C’est pourquoi Alfred Gell entend produire pour l’art ce que Marcel Mauss ou Claude Lévi-Strauss ont théorisé pour les systèmes de l’échange ou de la parenté. Empruntant à la linguistique d’Umberto Eco et à la sémiotique de C. S. Peirce (sans se plier à leurs principes interprétatifs), les termes qui entrent en jeu dans une combinatoire propre à l’objet d’art sont l’indice (l’objet lui-même), l’artiste, le destinataire et le prototype – le « réseau de l’art » désignant l’ensemble des relations qui font qu’un objet d’art est reconnu comme tel par les différents acteurs sociaux.

Les attitudes que nous avons face à ces objets doivent être comprises en les rapprochant des systèmes de causalité propres à la sorcellerie : nous inférons à travers l’objet d’art la présence d’une personne disséminée. Cette théorie déplace doublement les termes de l’esthétique occidentale (dont le concept de style) car il s’agit non seulement d’abolir les frontières théoriques entre l’art « ethnographique » des musées et celui, bien vivant, qui est produit et circule dans les sociétés, mais aussi de trouver la trame cognitive commune à La Joconde et aux proues de navires mélanésiens. L’objet d’art, dans toute culture, a un certain pouvoir de fascination, qu’on ne peut comprendre qu’en saisissant l’ensemble des interactions sociales qui président à son émergence.